Un jour de l’année dernière, bien avant le confinement, un jour sans grèves, bref, un jour sans problème particulier, je prenais le métro parisien -direction gare Montparnasse- pour rentrer chez moi, à Nantes. J’étais installée dans la rame quand une annonce sonore à quai m’interpelle : « Le trafic est actuellement très perturbé sur la ligne 12. Veuillez emprunter les correspondances, bla bla bla… »


Je tends l’oreille, pas plus d’explication. Ligne 12 ? Étrange, j’étais sur cette même ligne depuis un moment et je n’avais observé aucun problème… Je regarde l’heure, fais un calcul rapide depuis mon départ… hé bien, non, tout va bien… ou alors le retard est vraiment minime. 
Le message sonore tourne en boucle et un étrange sentiment s’immisce en moi et me déstabilise. Je suis perplexe. Que dois-je faire ? Descendre de la rame pour changer mon itinéraire ? J’étais en avance, certes, mais quand même pas à ce point là… Dans le doute, je décide d’attendre un peu pour voir l’évolution de la situation… quelques secondes plus tard, les portes se sont refermées et le métro est reparti ! Ouf.

À la station suivante, même scénario… « Le trafic est actuellement très perturbé sur la ligne 12. Veuillez emprunter les correspondances, bla bla bla… »

Même sentiment déstabilisant… À nouveau, je décide de rester dans la rame pour voir la suite.


Station suivante, rebelote…

Autant vous dire que cette situation s’est répétée à chaque station jusqu’à ce que j’arrive à Montparnasse… et ce, sans le moindre retard.

C’était tellement bizarre à vivre !

J’ai observé l’incohérence de cette scène, mes réactions, l’étrange inconfort créé par un message en totale contradiction avec ce que je vivais. Déstabilisant. Ce message vocal était perturbant mais il m’a montré à quel point je peux être facilement influencée et mise en stress par quelque chose d’extérieur qui n’est pas le reflet de ma réalité. Car j’aurai très bien pu décider d’écouter cette autre voix que la mienne et qui parlait plus fort. Ça aurait rallongé mon trajet et ça l’aurait compliqué sans aucun doute. Je me suis félicitée d’avoir fait confiance à mon expérience. Mais combien de fois m’est-il arrivé d’écouter un message extérieur plutôt qu’observer ce que je suis en train de vivre ? Tellement souvent ! 

Cet incident sans conséquence a été déclencheur d’une prise de conscience : peu importe ce que l’extérieur me renvoie, je peux me fier à mon expérience immédiate, ma réalité et me faire confiance. 

Car, oui, je peux aller bien et ma vie peut se dérouler sans « problème majeur » dans un contexte où on me dit que tout va mal autour de moi. Ce qui d’ailleurs ne veut pas dire que tout va merveilleusement bien dans le meilleur de monde pour tout le monde, hein ? 

Mais ce n’est pas sans parallèle avec la période que nous traversons : Coronavirus, confinement-déconfinement, vous ne trouvez pas ?

Et vous, avez-vous déjà vécu une situation semblable à cette histoire de métro ? Ça vous évoque quelque chose ? 

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